Protéger notre climat

Le défi climatique.

Les climatologues nous ont appris que la Terre a connu des alternances de périodes glaciaires et de périodes chaudes, chacune durant des dizaines de milliers d’années. Les évolutions furent si lentes que les vies animale et végétale ont pu s'adapter, au prix de dures sélections.

Par contre, le réchauffement du climat que nous vivons aujourd’hui est si rapide, on parle de dizaines d’années, qu’il ne laisse pas le temps de l’adaptation. C’est en cela qu’il pose de graves problèmes à l’environnement.

L’origine humaine du réchauffement a été largement démontrée par les scientifiques, dont ceux du GIEC. Si elle nous culpabilise, elle nous donne en retour l’espoir de pouvoir le freiner, puis de le stopper.

Le mécanisme est connu aujourd’hui. Notre monde industriel libère dans l'atmosphère beaucoup de gaz à effet de serre, et en particulier du CO2. Ces gaz diminuent le renvoi vers l’Espace du rayonnement solaire ce qui fait qu’il en reste trop sur Terre, et que l’air se réchauffe.

En clair: Protéger notre climat revient donc essentiellement à réduire sensiblement nos rejets de CO2.

Relever ce défi qui se pose à l’humanité est difficile et lourd, tant il y a d'activités qui rejettent trop de CO2, et qu’il faudrait transformer. Pour faire cette transformation, il faudrait mobiliser tous les pays, mais la diversité des situations rend cela ardu.

Enfin, et comme pour rendre le défi encore plus grand, des errements et des manipulations de l’opinion viennent se poser en obstacles.

Les errements

Les errements : la culpabilisation au quotidien.

Pas une semaine ne passe où l’on n’assiste au scénario de la peur dans les médias.

La première scène est une catastrophe naturelle : inondation, tornade, sécheresse, peu importe. Les images sont diffusées, avec les victimes en détresse en larmes.
Puis vient le commentaire inspiré : c’est de la faute du réchauffement climatique. Nous devrions en avoir peur. Pour finir, on nous assène une fois de plus “il faut agir”, avec parfois un exemple qui peut d’ailleurs être intéressant.

Qu’est-ce qui va ou ne va pas dans ce scénario de la peur?

  • Oui, des études suggèrent que le réchauffement climatique, s’il n’est pas la cause des catastrophes, pourrait parfois augmenter la force de catastrophes naturelles.

  • Oui, il faut agir contre le réchauffement.

  • Non, ce n’est pas l’action individuelle de la victime interrogée ou du téléspectateur qui va traiter le problème..

Pourquoi cultiver la peur?

Pour les médias, on peut comprendre que la peur faisant monter l’audience, elle accroît les recettes publicitaires.

Plus important encore. La peur est le premier ressort des extrémistes pour attirer à leur cause, ici, la lutte contre notre économie de liberté.

    • Sans besoin de chercher, les messages suivent et donnent les multinationales, les « riches », le capitalisme et la « recherche du profit » sont désignés comme les causes du réchauffement climatique.

    • Pas de commentaire pour rappeler que les régimes marxistes comme la Chine et l’URSS ont été ou sont des pollueurs sans limite. La comparaison entre les deux anciennes Allemagnes n’était pas à l’avantage de l’Allemagne communiste.

Revenons au scénario de la peur. Il suggère que pour éviter les inondations, il faut que le téléspectateur change son mode de vie. Rappelons donc des faits sur ledit téléspectateur et son influence.

La Chine qui est le principal émetteur de CO2 au monde augmente, en à peu près une année, ses rejets de l’équivalent d’une France entière. Le Brésil, les Etats-Unis vont dans le même sens. Quant à l’Allemagne, son abandon du nucléaire la conduit à se tourner vers le gaz et le charbon, et donc à augmenter sensiblement ses émissions de CO2.

Une vérité qui dérange (1): la France qui contribue à moins de 1% du CO2 émis dans le monde pourrait réduire ses émissions drastiquement, voire les supprimer dans un grand suicide, que cela n’aurait à peu près aucun effet direct sur le climat.

La réduction des rejets français est nécessaire, pas du fait de son efficacité directe, mais parce qu’en montrant l’exemple, elle nous permet de faire des pressions internationales, et elles, peuvent être efficaces.

Pourquoi les errements de la culpabilisation du quotidien sont-ils dangereux? Parce qu’il s’agit d’une manipulation politique qui vise à faire progressivement rejeter notre société de liberté, le « système », et la promotion d'idéologies totalitaires.

Les errements : l’opposition au nucléaire.

L’opposition au nucléaire par les mouvements écologistes est ancienne. Elle s’est développée sur la base de la lutte contre la grande industrie et une certaine sensibilité anti-science.

Quand de plus en plus de scientifiques, dont ceux du GIEC, ont alerté l’opinion sur le risque du réchauffement planétaire, ces mouvements n’ont pas eu le courage de poser à nouveau la question des priorités écologiques et donc de la place du nucléaire.

Le résultat est qu’en restant par dogmatisme et conservatisme dans une position anti-nucléaire, les écologistes allemands ont obtenu l’arrêt du nucléaire, et provoqué la hausse de l’usage du gaz et du charbon. Ce parti dit écologiste est devenu le principal responsable de l’augmentation des émissions de CO2.

Pour le chauffage, les véhicules et la production d'électricité, il faut remplacer le pétrole, le gaz et le charbon par l’électricité produite par une source d'énergie décarbonée:

    • les énergies renouvelables, i.e. éoliennes et panneaux solaires, qui sont dépendantes de la météo

    • le nucléaire.

Lutter contre le réchauffement climatique commence par un choix qui se doit d’être rationnel, car les enjeux sont importants.

Une vérité qui dérange; le nucléaire est aujourd’hui la seule source d’électricité massive, permanente et décarbonée, la seule qui permette à la France d’atteindre ses objectifs de réduction des gaz à effet de serre.

Pourquoi les errements anti-nucléaires sont-ils dangereux? Parce qu’ils peuvent conduire à retarder la décarbonation permise par de nouvelles constructions de centrales, voire conduire comme en Allemagne à se tourner vers le gaz et le charbon, les pires choix pour le climat.

Les errements : les décroissants.

Considérant que le développement économique a augmenté sensiblement les émissions de gaz à effet de serre, certains écologistes prônent la décroissance.

Ils proposent de vivre « proche de la nature », de renoncer aux avions, aux transports individuels à moteur, au numérique, sauf peut-être pour la propagande (?).

Une vérité qui dérange: la décroissance prônée par certains tenants de l’écologie politique signifierait une baisse drastique du pouvoir d’achat.

Pourquoi les errements vers la décroissance sont-ils dangereux? Parce qu’ils cachent la vérité: qu’avec une politique de décroissance, les pays pauvres restent pauvres, et que les pays riches deviennent pauvres.

Les autres errements.

Pour finir, ne retenons qu’un seul autre exemple d'errement, qui est presque amusant.

Une certaine mouvance anti-banques et anti-finances, soutient des échanges d’argent alternatifs par crypto-monnaies. Elles sont basées sur la blockchain, une technologie qui, à elle seule, consomme plus qu’un pays comme l’Autriche!

La lutte contre le CO2

La lutte contre le CO2 par un volontarisme sur la réglementation.

Dans une économie de marché comme celle de l’Union Européenne (UE), les Etats peuvent agir sur les rejets en combinant

    • des mesures négatives: taxation des rejets, maximum autorisés voire interdiction,

    • des mesures positives: détaxation, subventions, promotion

De telles mesures ont été prises par la France et l’UE à la suite du protocole de Kyoto et des accords de Paris.

L’engagement européen pour le climat se traduit ainsi par un soutien financier important à l’évolution vers les solutions décarbonées, et en sens inverse, une taxation, voire des interdictions, de rejets carbonés.

Dans le seul cadre de son plan de relance, la France consacre 30 Md€ à la transformation écologique. Cela vient en addition du budget annuel.
Les grandes actions concernent les plus grands rejets.

    • L’isolation des logements est soutenue par des aides et des remboursements partiels de frais. Le chauffage représente 40% de l’énergie consommée et 20% de l’électricité.

    • Le transport est le deuxième plus grand émetteur de CO2. Dans le système de bonus-malus écologique, la voiture électrique est fortement aidée. Comme le prix d’achat reste malgré tout un obstacle pour les plus modestes, le gouvernement entend créer une formule de leasing à 100€/mois. Pour mémoire, l’Europe entend interdire totalement la vente de nouveaux véhicules thermiques dès 2035. Des villes leur seront interdites d’accès avant cette date.

    • L’Etat aide l’industrie aéronautique à mener des études pour créer des avions électriques pour les courtes distances et l’avion à carbone réduit au-delà.

    • L’industrie vient ensuite dans les rejets, avec notamment les cimenteries qui représentent 7% du CO2 mondial. Des contrats d’études visent à inventer de nouveaux procédés à faibles rejets.

On remarquera que les grandes actions de transformation écologique reposent largement sur les scientifiques et ingénieurs auxquels on demande de travailler pour la décarbonation en inventant des solutions efficaces.


Notre enthousiasme à travers la France et l'Europe ne doit pas nous faire ignorer des effets potentiellement dangereux pour notre économie.

Les contraintes imposées aux industriels européens risquent de les handicaper par rapport à leurs concurrents extérieurs. Cela pourrait entraîner de nouvelles délocalisations vers des pays moins regardants sur les rejets. Nous aurions alors une double peine: perte de notre industrie et encore plus de rejets dans l'atmosphère.

Aussi, la France qui a présidé l’UE a recherché et a obtenu l’accord des autres pays pour la création d’une taxe carbone aux frontières. Elle touchera les importations et sera fonction du CO2 rejeté pour les produire..

La prochaine taxe carbone aux frontières est un élément clé dans le dispositif écologique de l’UE, en étendant aux importations l’effort contre les rejets de CO2, et en évitant ainsi une concurrence déloyale à nos industries.

Ce dispositif est absolument nécessaire, même si sa complexité de mise en œuvre fera qu’il ne compensera pas parfaitement le biais concurrentiel. Enfin, il ne concerne que le marché européen.

Sur les marchés extérieurs, les industriels qui produisent en Europe donc avec contraintes, devront faire face à des concurrents qui produisent en Chine ou un autre pays peu regardant.

A travers les accords internationaux comme les accords de Paris, l’UE essaie d’entraîner le plus de pays possible à la lutte pour le climat contre le réchauffement et contre, il faut le dire, l’avantage concurrentiel que pourrait donner des absences de restriction dans certains pays.


Une lutte innovante contre le CO2 en utilisant la marque France.

Dans son discours de Marseille, Emmanuel Macron a énoncé une stratégie qui vise à retourner la pénalisation que peut représenter les efforts contre le CO2, en avantage.

La vision proposée est de transformer l’industrie si globalement et si rapidement, que la France devienne une marque environnementale, que « made in France » devienne synonyme de « écologique ».

La France est déjà réputée pour son industrie du luxe qui apporte énormément à notre économie. Un parfum ou un vêtement français est crédité d’une image favorable.

Si nous évoluons assez vite pour être prêt quand les consommateurs du monde entier voudront de produits respectueux de l’environnement, nos productions seront alors très demandées. Tous les consommateurs sensibilisés chercheront alors “made in France”.

Cette ambition industrielle pour la France autour d’un tel attribut doit couvrir l’ensemble de nos industries.

  • Automobile, aéronautique,

  • Agro-alimentaire,

  • Cimenteries bas carbone,

  • Ameublement, et équipement de maison, où ce peut être l’occasion de regagner trop de terrain perdu,

  • Industrie textile, pour favoriser une relocalisation

  • etc.

Nous pouvons aussi donner un souffle nouveau à l’agriculture française en lui proposant l’ambition de devenir la référence mondiale de la qualité et de l’écologie. C’est une refonte des filières depuis les champs jusqu’à l’agro-alimentaire. « Français » voudra alors dire de qualité, bio et à circuit court.

Les services peuvent aussi s’engager sur la même ambition. Notre tourisme est déjà le leader mondial. Autour de notre patrimoine historique, et de la nature de la France métropolitaine et d’Outremer, nous pouvons attirer bien plus de touristes en répondant à leur attente de respect de l’environnement.

Le projet de faire de la France le pays moderne bas carbone est adapté aux attentes nouvelles en matière de protection de l’environnement, et il concerne toutes les régions de métropole et d’outre-mer.

Il doit s’inscrire dans tous les territoires, en tirant avantage de leurs diversités issues de la géographie et de l’histoire. La transformation de notre économie sera donc conduite de manière résolument décentralisée.

On s’attend à ce que le problème se pose ainsi: lutte écologique et pauvreté, ou recherche d’un bon niveau de vie? Hors cette idée nouvelle peut changer la donne, et éviter de proposer un choix donc on connaît à l’avance le vainqueur.

Dit autrement, l’idée, on l’aura compris, est d’utiliser la transformation écologique comme un atout commercial:

  • plus d’attractivité de nos productions de biens et de services

  • plus de croissance

  • moins de chômage

  • plus de pouvoir d’achat

  • plus de moyens pour la solidarité et les services publics

L’idée de succès économique, de supplément de prospérité, ne doit pas effrayer les plus idéalistes d’entre nous. L’objectif premier n’est pas de souffrir, ni de détruire notre économie de liberté, mais de lutter contre le réchauffement climatique.

Il est prévisible que d’autres pays d’Europe suivront l’impulsion que nous donneront. Puis ce sera le tour des autres pays. Charge à nous, bien sûr, d’avoir toujours un temps d’avance.


Une lutte sur tous les fronts.

Le défi que représente le réchauffement climatique demande de mobiliser toutes les énergies.

Nous devons en effet, travailler sur plusieurs fronts

    • contre les errements de la culpabilisation au quotidien, l’anti-nucléaire, ou les idées de décroissance

    • pour une action volontariste contre les rejets et pour les transformations de décarbonation en Europe et dans le monde

    • et pour l’approche innovante de : France, marque écologique.

Le Président Macron veut faire de l’écologie le combat du siècle. La lutte contre le réchauffement climatique est au tout premier rang. Aussi, par delà les différences d’opinion, il faut plus que jamais nous rassembler autour de cette cause qui nous concerne tous.. 🀫


(1) Une clin d’oeil au film d’Al Gore “Une vérité qui dérange” (“An Inconvenient Truth”)

Carole Guillerm